Mai 68 en 2018

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Mai 68 en 2018

Editions Alternatives

A l'occasion de l'exposition "Images en lutte" aux Beaux-Arts de Paris, Mai 68 écope d'un revival artistique et design dans la capitale. Un demi-siècle après ces révoltes des sixties, affiches aux slogans emblématiques, objets déco et mode couture se donnent rendez-vous pour une nostalgie tout en effervescence.

"On a tous quelque chose de Mai 1968", même ceux que ne l'ont pas vécu. Cinquante ans après, son souffle se réactive à la ferveur des commémorations, des élans artistiques, des rééditions de créations nées à cette époque. Revigorantes séances de rattrapage à travers une rétrospective de choix.  

Les Beaux-Arts de Paris, toujours mobilisés en 2018 !

Les Beaux-Arts de Paris dégainent les premiers comme le firent à l'époque ses étudiants et ses artistes professeurs. C'est dans ses ateliers que furent créées les affiches qui couvraient les murs de la capitale et interpellaient le pouvoir en place. "La police s'affiche aux Beaux-Arts, les Beaux-Arts s'affichent dans la rue". Les confréries venaient de la France entière, des agriculteurs à EDF, des métallos à Kodak, pour demander aux occupants de l'école une affiche spécifique à "sa grève". En une nuit, elle était conçue et imprimée jusqu'à juin 1968 et la descente de police pour évacuer "l'atelier populaire"

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L'exposition "Images en lutte" jusqu'au 20 mai, relate cette période : de 800 pièces, affiches, peintures, films retracent l'histoire visuelle de ces combats sociaux, politiques et idéologiques. Le graphisme se révèle d'une simplicité forte, d'une monochromie impactante, dues à la rapidité d'exécution. Quant aux artistes, ils se regroupent en mouvement tel Supports/Surfaces qui remet en cause non seulement la peinture mais ses constituants. La toile et le châssis y acquièrent une nouvelle liberté, Claude Viallat, Patrick Saytour et Daniel Dezeuze choisissent des supports non tendus, non apprêtés. Ou les BMPT, Buren-Mosset-Parmentier-Toroni.  

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Le Centre Pompidou enchaîne - ou se déchaîne - avec "Mai 1968, l'Assemblée Générale", soit une "occupation permanente du Forum sur de trois semaines sous forme d'expositions, débats, performances, projections, ateliers, le tout en entrée libre". Le Palais de Tokyo invite le graffeur Escif, à "déployer à l'arrière de son bâtiment une peinture monumentale sur laquelle il va reproduire les écritures qui accompagnaient les révoltes étudiantes de Mai 68 et les graffitis tracés clandestinement par les visiteurs dans les toilettes du Palais." La Cité de l'architecture revisite les champs des possibles, la BNF les "Icônes de Mai 1968", Chris Marker loge à la Cinémathèque rétrospectivement.  

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La révolution se fait sa place sur le podium

Dior et sa directrice artistique Maria Grazia Chiuri, comme la maison Rykiel ont anticipé la déferlante Mai 1968. La première avec un défilé pour sa collection hiver en forme de manifeste pour la jeunesse, dans un impressionnant décor de pages de magazines de 68. Sur le podium, vestes "Quilt", pantalons évasés, blouses brodées aux points de croix, sabots au pied, du patchwork en robe, en combinaison et le fameux pull qui résonne avec l'actualité "c'est non non non non non" inscrit sur sa face. Maria Grazia Chiuri déclare "J'ai retrouvé un des foulards de Marc Bohan, que nous avons repris sur une grosse maille, associé à un pantalon à carreaux dessiné par Christian Dior. Le patchwork, c'est aussi comment on reconstitue notre mémoire, notre histoire." 

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La Maison Rykiel rend hommage à sa créatrice Sonia Rykiel qui ouvrit sa première boutique en Mai 1968 au coeur de Saint-Germain-des-Prés et qui offrit avec ses tricots en bandes colorées, une liberté joyeuse aux femmes. Julie de Libran, dauphine de la créatrice, directrice de création de la marque, lance le sac "Pavé parisien". L'espièglerie de la grande Sonia à porter au bras.  

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Côté design, c'est l'utopie du tout plastique qui s'offre une nouvelle vigueur. Le livre référence de Philippe Decelle explique cette croyance en ce nouveau matériau qui permet tout, modules empilables, chaises gonflables, cabanes nomades. Les courbes rondes en sont son pendant. La "Tube Chair" du designer Joe Colombo rééditée par Capellini incarne en soi le meilleur exemple de cette période de création révolutionnaire, la rupture avec les codes d'avant.  

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Même les éditeurs de parfums s'y sont mis, Diptyque s'inspire de l'iconographie de l'époque pour les étiquettes de ses deux nouvelles eaux "Fleur de Peau" et "Tempo". Aujourd'hui, l'esprit est moins dans la rue mais un nouveau vent se diffuse, féministe, social, écologique. 

>> "Images en lutte", Palais des Beaux-Arts, 13 quai Malaquais, Paris 6e jusqu'au 20 mai 2018. 

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