Plus que quelques jours pour admirer "Rodin et la danse"

Par Laurence Mouillefarine - Coté Paris n°57 - Juin-Juillet 2018 -, publié le
Plus que quelques jours pour admirer "Rodin et la danse"

Plus que quelques jours pour admirer "Rodin et la danse"

Musée Rodin, C. Baraja

Au tournant des XIXe et XXe siècles, les danseurs Nijinski ou Isadora Duncan se libèrent des carcans académiques. Cette modernité fascine Auguste Rodin, alors au sommet de sa gloire. Elle lui inspire des sculptures mais aussi quantité de dessins. Éblouissant.

Point de tutus dans l'oeuvre du sculpteur. Contrairement à Edgar Degas, Auguste est insensible aux classiques ballerines "trop sautillantes, trop brisées". Ce qui séduit le maître ? La nouveauté, l'audace, la liberté des gestes. L'inventivité de Loïe Fuller, incarnation de l'Art nouveau, qui fait tourbillonner ses voiles et les transforme en fleur ou papillon ; Loïe Fuller, encore, qui se produit dans le noir, ne laissant éclairées que ses mains ; la spontanéité d'Isadora Duncan, l'Américaine, laquelle apparaît sur scène pieds nus ; l'énergie de Nijinski interprétant "L'Après-midi d'un faune" avec les Ballets russes et dont la sensualité choquera le public parisien.  

Plâtre, vers 1911.

Plâtre, vers 1911.

Agence photographique du musée Rodin, Jérome Manoukian

Le Rêve" ou "Le Baiser de l'ange", plâtre avant 1889.

Le Rêve" ou "Le Baiser de l'ange", plâtre avant 1889.

Musée Rodin, C. Baraja

Mais le point d'orgue de l'exposition autour de "Rodin et la danse" reste sans doute la série de dessins et figures en terre cuite que lui inspira Alda Moreno. Danseuse à l'Opéra comique et acrobate, elle posera pour lui dans d'innombrables et impossibles postures : en équilibre sur les mains, pliée en deux, accroupie, voltigeant... Des statuettes qui disent si bien la tension du corps, son déploiement dans l'espace, qu'elles semblent parfois en apesanteur.  

Entre 1903 et 1912, Rodin exécute un ensemble de dessins et sculptures intitulé "Mouvements de danse" ; cette terre cuite "Avec tête de la femme slave" en fait partie.

Entre 1903 et 1912, Rodin exécute un ensemble de dessins et sculptures intitulé "Mouvements de danse" ; cette terre cuite "Avec tête de la femme slave" en fait partie.

Agence photographique du musée Rodin, Jérome Manoukian

L'affiche de l'exposition en cours.

L'affiche de l'exposition en cours.

Musée Rodin, C. Baraja

Rodin se montre également sensible à l'exotisme. La Japonaise Hanako le fascine par ses expressions hiératiques. En 1906, il assiste au spectacle que donne le Ballet royal du Cambodge au théâtre du Pré Catelan à Paris. Un choc esthétique ! Il est en extase devant les étranges ondulations qui parcourent les bras des danseurs... Rodin veut rencontrer les jeunes cambodgiennes. Hélas, elles sont attendues à Marseille. L'artiste prend leur train pour les y rejoindre, il n'a rien pour dessiner, il achète du papier d'emballage chez l'épicier, les croque dans un jardin et, en une semaine, réalise cent cinquante dessins, des esquisses qu'il rehaussera tard d'aquarelle. "Quand elles partirent, écrira Auguste, je fus dans l'ombre et le froid. Je crus qu'elles emportaient la beauté du monde." 

>> Informations : MUSÉE RODIN - "Rodin et la danse", jusqu'au 22 juillet au musée Rodin, 77, rue de Varenne 75007. musee-rodin.fr 

"Danseuse cambodgienne de face", crayon, aquarelle, gouache

"Danseuse cambodgienne de face", crayon, aquarelle, gouache

Musée Rodin, Jean de Calan

Immortalisé par Émile Sanremo, "Rodin assis sur un banc, dessinant une danseuse cambodgienne".

Immortalisé par Émile Sanremo, "Rodin assis sur un banc, dessinant une danseuse cambodgienne".

Musée Rodin

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