L'art urbain s'empare de la piscine Molitor

Par Virginie Bertrand - Coté Paris n°57 - Juin-Juillet 2018, publié le
Les piscines Molitor se mêlent à l'art urbain

Les piscines Molitor se mêlent à l'art urbain

Sebastien Giraud. Ludwig Fabre.

Comment être à la fois monument historique classé et temple de l'art urbain ? Molitor et ses piscines, dans leur version restaurée à l'identique, brassent leur histoire au présent.

Historiquement classées, les piscines de l'hôtel Molitor se voient redécorées par l'art urbain. Dans cet endroit emblématique de Paris connu pour son coté luxueux, ce nouveau visage apporte beaucoup de modernité. Découverte.  

Sur la vague ! Molitor surfe sur l'air du temps, au vent de l'époque. Amarrée à la pointe sud du 16e arrondissement, l'imposante construction Art déco signée de l'architecte Lucien Pollet affiche des allures de paquebot. Durant de soixante ans, les deux bassins de 46 et 33 mètres, la centaine de cabines et les terrasses représenteront une des adresses les glamour de Paris. En 1930, on plonge avec Tarzan, Johnny Weissmuller, médaillé olympique et acteur. En 1940, le premier bikini fait scandale et, chaque année, les fêtes se succèdent comme les concours de beauté. En 1989, vétuste, les finances touchant le fond, la vieille dame ferme ses portes. Mais pas pour tout le monde. Bâtiment déjà légendaire, il est investi par les "graffeurs" et les "taggers".  

Au fond du bassin d'hiver, "Gouzou" - personnage emblématique sans yeux, sans bouche et sans oreilles de l'artiste Jace - semble faire la planche. Il est rejoint par des milliers d'êtres polymorphes, de tags, de graffiti. La grande rave party intra-muros de 2001 clôt presque un siècle de fête. Réhabilitée en sauvegardant les éléments architecturaux Art déco, vitraux, moulures, mosaïques, garde-corps et le fameux duo jaune et bleu tambour, elle inaugure ses deux nouvelles piscines été et hiver, agrémentées d'un Spa, et jumelées à un hôtel 5 étoiles. Sans oublier d'inviter les artistes des années "underground". 

Toujours mythique, le bassin d'hiver de la piscine Molitor, fidèle reflet de celui d'origine.

Toujours mythique, le bassin d'hiver de la piscine Molitor, fidèle reflet de celui d'origine.

Ludwig Favre

Les 90 cabines sont à nouveau investies par la bande historique Kashink, Oreo, Monsieur Chat, Les Francs Colleurs du collectif 9ème Concept, Jace, Psychose, Hopare, Thomas Mainardi inscrivant "Molitor un éternel rebirth" ou encore Kouka peignant une vierge. "Pour un graffeur, c'était un lieu sacré", précise-t-il. Sous l'impulsion de Sylvia Randazzo, directrice artistique de Molitor, des artistes du monde entier résident pour quelques jours, le temps d'investir une cabine. 

L'une des 78 cabines entourant le bassin d'hiver, investies par les street-artistes de tous horizons. Ici, dessin de la femme, personnage récurrentde l'artiste urbain Dire.

L'une des 78 cabines entourant le bassin d'hiver, investies par les street-artistes de tous horizons. Ici, dessin de la femme, personnage récurrentde l'artiste urbain Dire.

Sébastien Giraud

Mademoiselle Maurice et ses origamis si identifiables, Théo Lopez et ses abstractions saturées, colorées, Dire et sa femme tatouée, Balder et ses portraits énigmatiques ou Does, à la notoriété internationale, et ses love letters... "Le concept du projet est de mixer les deux vies de Molitor, les Arts décoratifs des années 30 et l'underground des années 80. J'ai donc, au départ, proposé aux artistes qui étaient déjà intervenus, puis j'en ai sollicité des nouveaux, découverts dans des galeries, des expositions, sur Instagram, dans Paris, sur les murs, partout. L'objectif est de faire traiter toutes les cabines pour l'été." Quand on vous disait que c'était un lieu de plaisir ! Presque pour tous... lors des Journées du Patrimoine, de Paris Face cachée ou d'une nuit à l'hôtel. 

>> Informations : PISCINE MOLITOR - Visites guidées des cabines d'artistes gratuites sur RV. 2 avenue de la Porte Molitor, 75016 Paris. mtlr.fr 

"La femme métisse" de l'artiste Balder, "puzzle" d'éléments collés, dessinés, de mots, comme des morceaux de vie mis en exergue.

"La femme métisse" de l'artiste Balder, "puzzle" d'éléments collés, dessinés, de mots, comme des morceaux de vie mis en exergue.

Sébastien Giraud

Gros plan extrait de la fresque de l'artiste Does.

Gros plan extrait de la fresque de l'artiste Does.

Sébastien Giraud

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